Monsieur le Maire, Chers collègues,
Comment décrire la situation économique et politique dans la zone euro et dans notre pays sans risquer d’être immédiatement dépassé par l’actualité des événements ? Tel un jeu de domino, nous avons le sentiment que chaque étape mettant en lumière l’ampleur des dysfonctionnements présents entraîne mécaniquement la survenance proche de la phase suivante…
Il faut bien reconnaître, sans en tirer aucune satisfaction particulière, que François Bayrou et le MoDem – passant alors pour des colporteurs de mauvaises nouvelles – avait largement annoncé ce qui malheureusement se réalise.
Nous avions dit que les plans successifs du gouvernement n’étaient pas à la hauteur de la crise. Nous affirmons encore une fois que celui présenté par François Fillon il y a quelques jours ne l’est pas non plus. Il est injuste socialement, déséquilibré car composé de mesures disparates et incohérentes, et par ailleurs il ne comporte aucune disposition susceptible d’entraîner un redémarrage ou tout simplement un soutien de l’activité économique productive. Il n’est même pas sûr qu’en négligeant aussi la restauration de notre compétitivité, les fameuses agences de notations se satisfassent de l’agrégation de ces mesures purement comptables pour maintenir le triple A à la dette française.
Et pourtant, si je voulais revisiter Magritte, je dirai « Ceci n’est pas 10 euros », Chacun se dit, avec ça, je peux acheter six litres d’essence, douze baguettes de pain, six tickets de métro à l’unité ou deux places au cinéma Paul Eluard. Mais, en réalité, ce n’est qu’un bout de papier. Ceci n’est 10 euros que parce que nous croyons que c’est 10 euros. La monnaie, c’est uniquement de la confiance, et cette confiance c’est essentiel A partir du moment où les dirigeants européens ont accepté l’idée qu’un pays de la zone euro pouvait ne pas rembourser ses dettes, cette confiance a disparu.
La responsabilité de la crise de la dette incombe aux gouvernants : ce n’est pas la faute des marchés si un certain nombre de pays européens ont emprunté tellement qu’ils ne sont plus capables de rembourser. La situation de surendettement, ce n’est pas la faute des banques. Ce sont les États qui en sont à l’origine. Tant qu’on entretiendra l’idée que c’est la faute des marchés, du capitalisme, des banques – elles avaient une part de responsabilité en 2008, aujourd’hui ce n’est pas leur crise –, tant qu’on entretiendra l’idée que c’est la faute des autres, on ne sera pas en mesure de relever les défis de notre crise à nous, de notre temps.
Pour les collectivités locales, cette situation est doublement complexe. Complexe parce que la prise de décision repose désormais sur des analyses de données qui sont de plus en plus précaires et instables. Complexe aussi parce que la crise entraîne automatiquement et indéniablement une augmentation du poids de l’action sociale sur les collectivités territoriales. Cette action, liée à l’augmentation exponentielle du chômage, à la diminution du pouvoir d’achat, en particulier de la classe moyenne, reste essentielle, urgente et ne peut être reportée ou déplacée de quelque manière que ce soit.
A ce stade, nous somme persuadés que seul un pacte de longue durée entre les collectivités territoriales et l’État est à même de nous permettre un travail dans le long terme. Et sans travail dans le long terme, pas d’économies possibles. Et des économies, il faudra en faire à tous les niveaux de l’État au citoyen en passant par les Collectivités Locales. Tant que nous serons dans une dynamique où les mesures, fiscales, de péréquation ou de dotation, changent d’une année à l’autre, nous serons comme une voiture dans le brouillard, là où le risque est maximal. Seul un pacte de longue durée nous permettra d’avoir les phares longues distances pour éviter les écueils.
Pour en revenir au contexte choisyen et au DOB 2012, il nous faut tout d’abord saluer le travail du service financier et la qualité du document qui nous a été remis, à deux bémols près : l’absence d’une commission finance avant ce conseil municipal. J’ai bien entendu les explications que M. Dupuy m’a donné à cet égard, mais, la complexité du dossier étant ce qu’elle est, je reste persuadé qu’une séance de travail préalable aurait été profitable pour tous. Par ailleurs, dans le même esprit, l’intégration d’un glossaire au DOB ne serait pas un luxe.
Je ne reviendrai pas en détail sur les différents éléments liés aux réformes fiscales et aux nouvelles règles de péréquation pour en avoir abordé l’esprit préalablement. Néanmoins, le calcul du prélèvement FPIC faisant de Choisy-le-Roi une contributrice significative de ce nouveau système ne laisse pas d’étonner. Clairement destiné à protéger les zones rurales, ce mode de calcul nous laisse dubitatifs, alors même que le revenu par habitant choisyen est significativement inférieur au revenu moyen des collectivités de métropole. Sous réserve des hypothèses, nombreuses en raison de l’absence d’informations détaillées, qui sont prises dans le document, il faut retentir quatre grands éléments :
- une évolution prévisionnelle des recettes de fonctionnement de 1,5%,
- la nécessité de plafonner l’évolution des dépenses de fonctionnement à 1,2%, ce qui nécessitera des efforts importants de la part des différents services.
- une capacité d’autofinancement brut qui s’affaisse, en particulier en raison de la croissance du poids de la dette.
- Des besoins forts en investissement.
La mise en place d’une gestion des investissements, qui n’apporte pas de réponse à la difficulté d’équilibre de notre budget, est un point qui reste cependant essentiel en terme de visibilité et de planification.
Dans ce contexte, nous souhaitons que soient privilégiés deux axes en 2012 :
- Le développement économique : parce que sans redémarrage de la production en France rien ne sera possible. Aujourd’hui, nous souffrons d’un déficit commercial extrême, y compris avec la plupart des pays européens. La production en France, c’est de l’emploi, du pouvoir d’achat, des cotisations sociales, etc. Choisy-le-Roi bénéficie d’un environnement dynamique en terme de transports, de situation, de cadre de vie. Cet environnement, il est de notre absolu devoir de le faire fructifier et pour cela il nous fait travailler sur notre image de marque, sur nos offres, sur nos atouts pour qu’enfin les 100.000m² de bureau puissent sortir de terre et apporter leur contribution à nos recettes. Il faut, aussi, prendre en compte de nouvelles formes d’entrepreuneriat L’économie sociale et solidaire, créatrice, productive et vivante, mais qui n’a pas comme seul but le profit, doit se voir reconnaître toute sa place Ne pas séparer le social de l’économique, c’est vital. Voir l’économique servir le social, c’est précieux
- Il nous faut également poursuivre le programme d’investissement, que ce soit l’ANRU ou les équipements publics. A ce titre, l’intercomunalité, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir, doit jour un rôle essentiel.
En transverse, il faut veiller à l’aspect solidarité : parce que le taux de pauvreté et de ménages en difficulté est évidemment en progression. La crise a aggravé cette réalité, le chômage des jeunes et des seniors Comme je le disais déjà l’année dernière, la société du XXI° siècle devient de plus en plus compliquée, labyrinthique, de moins en moins directe et humaine. Il est essentiel de conserver du contact humain partout où il est nécessaire, notamment partout où des usagers sont en situation de difficulté, face aux administrations, aux grandes entreprises de service.
(le prononcé peut légèrement différer)


